Jumelage HAICA-CSA-INA  

Deux années de collaboration intense

Le mercredi 9 décembre 2020, les régulateurs de l’audiovisuel tunisien (HAICA) et belge (CSA), ainsi que l’Institut national de l’audiovisuel français (Ina) ont clôturé deux années d’intense collaboration visant le renforcement de la régulation des médias en Tunisie. 300 jours d’échanges entre les partenaires à Tunis, mais aussi à Bruxelles, Paris ou encore Pavie, ont rythmé des dizaines d’activités, d’ateliers, de formations ou d’événements communs. À l’issue de deux années de travail entre les trois instances, des projets de taille ont vu le jour. 

 

Un système d’archivage audiovisuel national est mis sur pied en Tunisie  

 

L’un des projets phare du jumelage était la mise en œuvre d’un système d’archivage et de documentation des programmes audiovisuels tunisiens. Fort de ses 39 radios et de ses 11 télévisions, le patrimoine télévisuel et radiophonique tunisien est riche et vaste. Aujourd’hui, cet héritage peut être sauvegardé. Grâce à la mobilisation de léquipetechnique de la HAICA appuyée par l’INA français, un système de captation, de stockage pérenne et de documentation des programmes audiovisuels a progressivement été mis en place depuis novembre 2018, avec plusieurs missions d’expertise technique portant sur l’acquisition, la conservation et la documentation des flux radio et TV diffusés en Tunisie.  Un projet d’accompagnement pratique réalisé principalement à distance durant la crise sanitaire via un comité de suivi a porté sur la conception d’un corpus d’archives audiovisuelles à usage de la recherche scientifique. 

 

Mise en place d’un service d’études et recherches à la HAICA   

 

La HAICA souhaitait aussi se voir dotée d’un Service des études formellement défini,l’objectif étant d’inspirer l’exercice de régulation et de renforcer l’expertise du régulateur auprès des secteurs académique et audiovisuel. Pour mettre en place ce projet, il a fallu élaborer un diagnostic interne identifiant les ressources disponibles ainsi que les missions et orientations que la HAICA souhaitait donner au futur Service d’études et de recherches. Les équipes ont réalisé un Cahier des charges du Service, ainsi que des profils de fonction et procédures de recrutement pour le pourvoir en personnel. Durant ces deux années de collaboration, des futurs projets de recherche de la HAICA ont également été préparés sur plusieurs thématiques comme l’égalité femmes/hommes dans les médias, la représentation des mineurs à l’écran ou encore l’évolution de la communication commerciale. Des méthodes de recherche et de construction de grilles d’analyse (identification des problématiques, définition des indicateurs et des variables, etc.) ont été présentées. Un soutien a également été apporté au déploiement d’un catalogue de ressources documentaires. Ce catalogue vise à la fois des objectifs internes et externes (documentation sur l’audiovisuel et la régulation à destination des étudiants, de la société civile, etc.). Enfin, le dernier axe du projet “études et recherches” portait sur la rédaction d’un guide de procédure pour le lancement d’une base de données sur le paysage audiovisuel tunisien recensant à destination du public toutes les informations utiles concernant les médias audiovisuels. 

 

Une communication au cœur des enjeux tunisiens   

 

La Tunisie est un pays où la démocratie se renforce et avance au pas de course. Depuis la révolution, l’existence d’instances de régulation indépendantes a été garantie dans la Constitution pour répondre à des enjeux démocratiques majeurs. Parmi eux, l’intégrité du processus électoral, le respect des droits humains, la lutte contre la corruption et le pluralisme des médias. L’enjeu premier pour ces jeunes instances est d’asseoir leur légitimité auprès du secteur qu’elles régulent, mais aussi auprès des citoyens et des citoyennes tunisiennes. De ce contexte détaillé par Leila Chiboub, du service Communication de la HAICA, on comprend à quel point la communication joue un rôle important, voire fondamental, car sans légitimité et reconnaissance publiques, une instance ne peut exercer ses missions et jouer son rôle.  

Pour les tunisiens et les tunisiennes, la HAICA est devenue une instance incontournable et très visible. Dans le cadre du jumelage, un projet d’échange entre l’équipe communication de la HAICA et celle du CSA a été mis en place en vue du renforcement de la communication du régulateur tunisien tant au quotidien que sur le long terme. Une série de projets ont ainsi été développés comme la création d’un studio à la HAICA, des formations, notamment au montage photo et vidéo, ou encore la mise en ligne d’un site magazine de la régulation des médias tunisiens.  

 

Un renfort du monitoring des programmes tunisiens  

 

 L’une des missions les plus importantes du jumelage a été le renforcement, au travers de dizaines d’ateliers et de formations, du service monitoring de la HAICA constitué d’une trentaine de personnes. Cinq grandes thématiques ont été déployées en long et en large : l’instruction des infractions et le soutien au processus de décision ; le contrôle des obligations conventionnelles des télévisions privées et des nouvelles missions de la télévision de service public ; la protection des enfants et des mineurs ; la communication publicitaire et enfin le pluralisme politique.  

Les règles à respecter par les médias sont devenues plus strictes depuis seulement quelques années. Dans ce contexte, le monitoring joue un rôle essentiel pour lévaluation du respect de ces nouvelles normes. Durant les élections présidentielles tunisiennes de 2019, les résultats d’un travail titanesque d’observation mené par la HAICA et soutenu par l’Observatoire de Pavie dans le cadre du jumelage étaient présentés devant une salle comble accueillant la plupart des médias d’actualité tunisiens, preuve de la portée sociale d’une telle analyse et de l’importance des enjeux en présence. Sans un travail de monitoring abouti, un tel rapport n’aurait pu voir le jour. De nouveaux chantiers ont également été ouverts avec le CSA comme celui sur la nouvelle mission de supervision par la HAICA du Contrat d’objectifs de la télévision publique ETT ou celui sur le projet de création d’un nouvel organe chargé d’instruire en profondeur les plaintes et les infractions. 

Toutes les informations et l’historique du jumelage sont à découvrir sur :    

le site magazine du CSA (regulation.be) 

le site magazine de la HAICA (eventhaica.tn)