L’impact de la crise sanitaire sur les médias en FWB

Enquête auprès des régulés et mesures d'allègement du CSA

Conscient et inquiet de l’impact de la crise sanitaire sur les médias audiovisuels de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le CSA a pris des mesures d’allègement administratif durant le confinement du printemps 2020 et mené deux sondages auprès de ses régulés, l’un au printemps, l’autre à l’automne. 

Mesures d’allègement administratif 

L’objectif de ces mesures était de tenir compte de la difficulté pour nos médias de continuer à fonctionner « à plein régime » pendant le confinement du printemps 2020, tout en insistant sur leur rôle capital dans l’information de tous les publics et le maintien d’une forme de lien social. En quelque sorte, l’allègement visait à permettre à nos régulés de se recentrer sur leurs missions essentielles. Concrètement, le Collège d’autorisation et de contrôle a décidé de suspendre les demandes d’échantillon de programmes pour la durée des mesures de confinement et de fermeture des commerces, donc la période d’avril à juin 2020.  Les délais de remise des rapports annuels 2019 ont été prolongés sur demande motivée des éditeurs et le Collège s’est engagé à prendre en compte l’impact des modifications de grille de programmes dues aux circonstances de la crise sur les obligations légales des éditeurs lors des contrôles de l’exercice 2020.  

Ces mesures d’allègement du printemps n’ont pas été réitérées à l’automne. En effet, entretemps, les médias avaient pu se réorganiser et le besoin d’allègement ne s’est plus fait sentir.  

 

Premier sondage – avril 2020 

Le premier questionnaire visait à faire un état des lieux transversal de l’impact de la crise sanitaire et de l’adaptation des médias audiovisuels à celle-ci : le CSA y posait de nombreuses questions sur l’impact économique, la réorganisation des services, les conséquences sur la programmation. Le rapport en fait état, il recense aussi les mesures de soutien proposées par les répondants, les initiatives programmatiques positives et les motifs d’annulation des campagnes publicitaires invoqués par les annonceurs et les régies. 

Dans les constats très généraux, le CSA a pu relever qu’un quart des répondants, tous médias confondus, a déclaré avoir eu recours au chômage technique ou économique pour une partie de son personnel et que la diminution des revenus publicitaires due à la crise sanitaire avait causé des problèmes de trésorerie pour 25% des répondants, les contraignant à s’endetter pour honorer leurs frais récurrents.  

Du côté des constats positifs, le sondage a permis de mettre en lumière des innovations programmatiques positives notamment des programmes sur les Belges en confinement, des programmes scolaires pour pallier la fermeture des écoles ou encore des programmes pour bouger chez soi. Le sondage a également permis de relever le fait que 100% des répondants ont indiqué avoir diffusé gratuitement des messages d’intérêt général. Enfin, côté télévision, les audiences du printemps 2020 (mesurées par le CIM) ont atteint des records historiques. Côté radio, considérant la méthodologie qui demande des interviews en présentiel, les sondages du CIM ont s’interrompre sur cette période.  

Le premier rapport d’impact est à consulter par ici

Deuxième sondage – novembre 2020 

L’une des conclusions du premier sondage était qu’il serait nécessaire de suivre l’évolution de la situation et de faire un bilan à plus long terme. L’heure du bilan définitif n’est pas encore arrivée, d’un côté, les résultats objectifs de l’impact économique ne seront disponibles que lorsque les comptes 2020 seront clôturés, d’un autre côté, la crise est malheureusement loin d’être terminée et il est donc encore trop tôt pour dresser un bilan tout à fait global et exhaustif. Cependant, le deuxième confinement a semblé être une bonne occasion pour une reprise de température. Cette fois, le questionnaire – plus court s’est davantage centré sur des questions économiques. Il importait en effet au CSA de ne pas trop solliciter ses régulés dans une nouvelle période difficile. A nouveau, les régulés ont été nombreux à répondre. 

Il ressort de cette deuxième enquête que la publicité nationale a continué d’être diffusée sur les antennes des « grands » acteurs, au contraire de ce qui s’était passé au printemps. En revanche, la situation devient très critique pour les plus petits acteurs, tels que les webTV, les radios indépendantes et, dans une certaine mesure, les radios provinciales. Ainsi, plusieurs de ces médias pourraient disparaitre dans un futur assez proche si la situation devait perdurer encore longtemps. En effet, ces acteurs dépendent davantage de la publicité locale, laquelle a fortement fait les frais de la crise, et certains d’entre eux tirent leurs revenus de participations voire d’organisations d’évènements publics qui ont, comme on le sait, totalement disparus depuis plusieurs mois. Enfin et bien que très utiles, les aides perçues des pouvoirs publics ne seront probablement pas suffisantes à les sauver tous.   

Le second rapport d’impact est à consulter par ici. 

Pour rendre visible les réponses des médias belges face à la crise, le CSA a également réalisé un dossier spécial pour son webzine regulation.be. Ce dossier propose une série d’entretiens avec le secteur et d’éclairage sur fond de crise sanitaire.  

 

À découvrir par ici: https://regulation.be/category/les-medias-face-a-la-crise/

Le CSA a également mis en ligne une rubrique destinée à récolter et rendre visible les initiatives positives liées au monde des médias durant le premier confinement.  

À découvrir par ici : https://www.csa.be/think-positive/