Intro

Une étude centrée sur la question du genre

En 2019, le CSA publiait pour la première fois un Baromètre consacré aux médias radiophoniques, qui reste à ce jour l’une des rares études de l’égalité et de la diversité en radio, en raison notamment de la difficulté à identifier et qualifier les individus présents à l’antenne.

En radio, en l’absence d’image, Il est difficile de donner aux voix que l’on entend un âge ou une origine, de leur attribuer une catégorie socio- professionnelle ou d’y percevoir une éventuelle situation de handicap, mais aussi ce que la personne qui parle dit, ce que l’on dit d’elle, ou encore ce que l’on en sait communément lorsqu’il s’agit d’une personne connue. Le CSA a dès lors décidé de recentrer la présente étude sur la variable du genre. Ce choix, couplé au recours à des outils d’intelligence artificielle, permet à la fois d’étendre le champ de l’étude en termes de corpus et de développer des axes d’analyse encore peu explorés quant à la question de l’égalité.

L’étude aborde donc la question de la représentation des femmes et des hommes dans les programmes de radio, principalement au travers de la catégorisation genrée de la voix. La voix ne « signifie » pas ici une identité de genre, mais constitue un indice de genre, participant à l’expression de genre d’un individu, soumis à la perception et à l’interprétation d’autres personnes.

Deux volets au Baromètre

Le volet « Grand angle » présente une estimation automatique du temps de parole des voix féminines et masculines de 27 services radiophoniques. Ce volet de l’étude explore ensuite les variations de ces temps de parole selon le moment de diffusion et le profil des différentes radios analysées et présente également une analyse des transcriptions automatiques des programmes sous l’angle des identités de genre diverses.

Le volet « Focus », resserré sur les tranches horaires matinales de 11 radios FM en réseau, développe une analyse du genre, en termes de temps de parole, mais aussi en termes de nombre de personnes prenant la parole. Cette double analyse est ensuite affinée selon plusieurs critères, notamment le rôle médiatique des personnes qui prennent la parole et le type de programme dans lequel elles interviennent.

Grand angle

Ce premier volet de l’étude présente les résultats d’une estimation automatique, réalisée grâce à des outils recourant à l’intelligence artificielle, de la présence des voix féminines et masculines dans les programmes de 27 services radiophoniques diffusés en FM en FWB, sur une durée de 7 jours en 2024 et 7 jours en 2025 soit deux semaines reconstituées, de jours sélectionnés au hasard entre la rentrée scolaire et la fin de l’année des deux années anlaysées ; Le corpus est ainsi composé de plus 4.500 heures de flux audio pour chaque année analysée, soit plus de 9.000 heures au total.

Résultats clés

01.

Un taux de parole presque
deux fois moins élevé pour les
voix féminines sur l’ensemble
des programmes

02.

Des voix féminines tout au
long de la journée, mais
beaucoup moins en soirée

03.

Une présence des voix
féminines plus marquée sur
les réseaux provinciaux

04.

Plus de voix féminines sur
les radios géographiques et
musicales adultes en réseau

05.

Plus il y a d’émissions,
moins on y entend de
voix féminines

06.

Les réseaux avec le plus
d’audience sont ceux sur lesquels
il y a le moins de voix féminines

07.

Les identités de genre
diverses peu mentionnées

Focus

Le volet « Focus » de l’étude porte sur les tranches horaires matinales de 4 jours choisis de manière aléatoire au sein de l’échantillon du « Grand angle » de 2024 : 3 jours de semaine (lundi, mardi et vendredi) et 1 jour de week-end (samedi). Les plages horaires étudiées correspondent aux heures de grande audience radiophonique, soit la tranche allant de 6h à 10h en semaine et de 10h à 14h le week-end.  Le corpus du volet « Focus » est ainsi composé de 176 heures de flux audio.

Résultats clés

01.

Globalement moins de femmes
que d’hommes, avec un taux de
parole encore plus faible que
leur taux de présence

02.

Les femmes sont plus présentes
et parlent plus dans l’info service

03.

Une répartition au sein des types
de séquence qui renvoie en partie
à des stéréotypes de genre

04.

Les femmes sont moins
présentes au sein du personnel
de la radio et ont moins la
parole quand elles sont invitées
ou interviewées

05.

Une place jamais observée
encore pour les femmes expertes

06.

Des différences très marquées
au sein des journalistes et des
personnes en charge de l’animation

Pour plus d’infos 

Consultez nos différentes publications relatives à ce Baromètre: