Nous avons exploré la question de la ségrégation horizontale. Nous formulions l’hypothèse selon laquelle les femmes font l’objet d’une ségrégation horizontale, qui les confine à des contenus spécifiques et dans des métiers/domaines spécifiques.

Ségrégation horizontale

Données chiffrées et constats

    Dans l’analyse LinkedIn, trois familles de métiers regroupent une grande partie des professionnel.le.s exerçant au sein des éditeurs de SMA, à savoir : la production, la rédaction et la technique. 

    En analysant la répartition genrée par familles de métiers (tous les éditeurs de SMA confondus) nous constatons que 23,28 % des femmes appartiennent aux métiers de la production pour 24,94 % des hommes. Toutefois, à l’intérieur de la famille Production, on compte 61 femmes et 119 hommes, soit 33,88 % de femmes. Pour les métiers techniques, la disparité hommes-femmes est plus forte : 13,74 % de l’échantillon féminin et 31,02 % de l’échantillon masculin appartiennent à cette catégorie. A l’intérieur de la famille Technique, on compte 36 femmes et 148 hommes, soit 19,56 % de femmes. Enfin, 30,91 % des femmes relèvent de la famille Rédaction pour 26,62 % des hommes. Dans la famille Rédaction, on comptabilise 81 femmes et 127 hommes, soit 39,13 % de femmes. Ainsi, c’est dans la famille Rédaction que le déséquilibre hommes-femmes est le moins marqué et dans la famille Technique qu’il est le plus marqué. Au sein de ces familles, on observe aussi une répartition genrée fortement marquée par métier/fonction.

    L’analyse des réponses fournies par les 404 participant.e.s au questionnaire en ligne rejoint les conclusions de l’analyse des profils LinkedIn quant aux trois familles de métiers dominantes. Ainsi, nous remarquons que la répartition entre les hommes et les femmes est relativement équitable au sein de la famille Rédaction : 32,65 % de l’échantillon féminin et 29,41 % de l’échantillon masculin. La disparité de genre augmente pour la famille Production qui regroupe 32,24 % de l’effectif féminin pour 25,49 % de l’effectif masculin. C’est au sein de la famille Technique que le déséquilibre hommes-femmes est plus marqué, elle réunit 8,16 % de l’effectif féminin pour 22,22 % de l’effectif masculin

    Dans les métiers du journalisme, nous constatons davantage une ségrégation genrée des contenus. Les réponses au questionnaire mettent en exergue que les matières comportant une dimension sociale-sociétale telles que la santé, l’éducation, la société sont davantage couvertes par les femmes. En revanche, les hommes sont proportionnellement plus nombreux que les femmes à traiter régulièrement des thèmes technologies, actualité nationale et internationale, sport et médias.

    Enfin, nous avons interrogé les répondant.e.s au questionnaire quant à leur ressenti par rapport à cette ségrégation des métiers et contenus. Plus de la moitié des répondant.e.s salarié.e.s (56,81 %) ont l’impression que certains domaines ou métiers restent essentiellement réservés aux hommes dans leur entreprise. Ce constat général masque toutefois des disparités de genre dans les réponses : en effet, 64,68 % des femmes interrogées sont d’accord avec cette affirmation (tout à fait d’accord, plutôt d’accord), pour 42,5 % des hommes. 

      Ségrégation horizontale

      Les freins

      Les chiffres semblent donc attester de la ségrégation horizontale dont font l’objet les femmes, mais aussi de perceptions différenciées entre hommes et femmes par rapport à ce mécanisme de ségrégation.  

      L’analyse des entretiens et des verbatims du questionnaire a permis d’identifier un certain nombre de freins dans l’accès des femmes aux métiers ou aux contenus perçus comme masculins.

      • Frein 1 : Le premier frein tient au parcours de formation des professionnel.le.s de l’audiovisuel. En effet, dans le cadre de leur formation professionnelle, les femmes sont parfois confrontées à un discours fortement genré de la part de leurs enseignant.e.s, des responsables de la formation et de leurs collègues . 
      • Frein 2  : Le second frein se déploie lors de la carrière professionnelle proprement dite. Lorsque les femmes intègrent le marché professionnel, elles constatent que l’attribution des fonctions au sein de leur entreprise est encore fort conditionnée par une essentialisation du genre.
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