Méthodologie et terrain de l’étude

Les représentations à l’antenne renvoient-elles au monde qui nous entoure ?

    Objectifs et question de recherche :

    Depuis 2011, l’objectif du Baromètre de la Diversité et de l’Egalité est « de photographier » d’année en année la manière dont les éditeurs de SMA représentent l’égalité et la diversité à l’écran/à l’antenne.

    Une question centrale traverse l’analyse : les représentations à l’écran/à l’antenne renvoient-elles ou non au monde qui nous entoure, et pourquoi ?

     

    Conserver les principes fondamentaux du Baromètre, mais les adapter aux spécificités de la radio

    Mettre en place un Baromètre de l’égalité et de la diversité en radio a nécessité la conception d’une nouvelle méthodologie. L’enjeu de cette nouvelle étude était de conserver les principes fondamentaux de l’encodage des précédents Baromètres, afin de faciliter les comparaisons entre modes de consommation, mais de les adapter aux spécificités du matériel sémiotique offert par la radio.  L’indexation des intervenant.e.s a ainsi été recentrée sur les marqueurs verbaux, sonores et musicaux. D’autre part, la méthodologie a été adaptée à la logique de construction des programmes radiophoniques, ceux-ci étant plus hybrides du point de vue de la composition de leurs séquences (une alternance de séquences d’information, de divertissement ou d’humour, de musique et d’info-service, … au sein d’une même émission) que les émissions télévisées. La méthodologie comporte dès lors de nombreuses similitudes avec l’analyse des services télévisuels et certaines différences liées aux spécificités de ces modes de consommation respectifs. Ces différences sont à prendre en considération lorsqu’on effectue des comparaisons et invitent à la nuance.

    Les variables de l’égalité et de la diversité

    Les intervenant.e.s ont été décrit.e.s suivant cinq critères de diversité et d’égalité : le genre, l’origine, l’âge, la situation socio-professionnelle et le handicap.

    Comme pour les éditions précédentes du Baromètre, l’encodage repose sur les perceptions de sens commun, sur les critères qui permettent à tout un chacun de catégoriser implicitement le monde qui l’entoure. C’est-à-dire que pour chacun des individus indexés, il faut se poser la question : comment cet individu est-il perçu par l’auditeur·trice en termes de genre, d’âge, d’origine, etc. ? Dans le Baromètre, on ne cherche pas à savoir qui est intrinsèquement la personne, mais comment elle est perçue par le public.

    Nous avons fait une exception à ce principe d’encodage reposant sur des perceptions extérieures pour les personnalités connues ou personnages publics de premier plan (de la politique, du sport, des médias et la culture…). Nous nous reposons sur ce qu’on en sait de manière générale, sur les représentations qu’en ont le public en termes d’origine, d’âge ou de handicap.

    L’échantillon 

    L’échantillon étudié s’étend sur 7 jours consécutifs, répartis sur deux semaines, soit du mercredi au mardi. Cette semaine est choisie aléatoirement. Pour l’année 2019, la période analysée s’étale du mercredi 4 au mardi 10 septembre 2019.

    Nous avons analysé les heures de grande audience radiophonique : soit en semaine la tranche matinale (6h00 – 10h00) et le week-end la tranche 10h00 – 14h00. Il s’agit donc d’un Baromètre des matinales radiophoniques.

    L’étude porte sur les radios de la RTBF et les radios privées en réseau à couverture communautaire et urbaine. Seuls les services radiophoniques diffusés en FM sont intégrés dans l’analyse. Plus spécifiquement, il s’agit des services suivants :

    – RTBF : La Première, Vivacité, Pure FM, Classic 21 et Musiq3.

    – Radios en réseau : Bel RTL, Radio Contact, Nostalgie, NRJ et Fun radio.

    Unité d’encodage 

    L’unité d’encodage est l’intervenant.e. S’agissant de la radio, l’intervenant.e est défini.e comme suit :

    • la personne qui prend la parole à l’antenne (dont les auditeur.rice.s direct.e.s) ;
    • la personne qui ne prend pas la parole mais dont on parle (dont les auditeur.rice.s qui interviennent de manière indirecte, via les réseaux sociaux par exemple) ;
    • la personne en arrière-plan sonore : que l’on entend mais qui ne prend pas la parole à micro tendu (par ex. des enfants qui jouent dans une classe ; le.la technicien.ne son d’une émission ou le.la standardiste) ;
    • les interprètes des titres musicaux.

    Découpage des programmes 

    Les matinales radiophoniques sont des objets particulièrement hybrides dans leur construction. Celles-ci se composent en effet d’une multitude de séquences qui alternent et peuvent relever de genres ou de finalités énonciatives différentes : « journaux parlés » ou « flashs infos », « entretiens/interviews », « chroniques », « capsules humoristiques », « billets d’humeur », « capsules lifestyle », « jeux-concours », « info-services », « interactions avec les auditeur.rice.s », etc. Nous avons dû adapter la méthodologie du Baromètre pour répondre à cette spécificité des matinales radio. Dès lors nous avons procédé à la catégorisation suivante :

    1. Chaque programme a été encodé dans un genre : information, magazine, divertissement ou genre musical.
    2. Le même programme a ensuite été catégorisé dans un sous-genre.
    3. Enfin, nous avons procédé à un découpage de tout le programme en séquences. On peut citer par exemple : « journal parlé », « titres/flash info », « chronique relative à l’actualité », « chronique ou capsule humoristique, jeu concours », etc.

    Volume d’encodage

    A l’issue de l’analyse, nous avons encodé 11.074 intervenant.e.s et 2287 titres musicaux.

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