Consommateur.trice.s de médias ? Vous avez le droit de faire entendre votre voix

14 mars 2017

 

 

Les médias seraient-ils des biens de consommation comme les autres ? Certainement pas ! C’est par leur biais que l’on accède à l’information, à la culture, au divertissement… Autant de richesses qui en font un secteur à part, autant d’opportunité qui influencent et alimentent nos opinions. Néanmoins, les auditeur.trice.s et téléspectateur.trice.s sont aussi des consommateurs de médias. Et, à ce titre, ils ont des droits qu’il est utile de rappeler en ce 15 mars, journée mondiale des consommateurs.

 

Pour bien comprendre le rôle du Secrétariat d’instruction à l’égard des consommateurs de médias, il faut rappeler les missions du CSA. Le CSA, c’est l’organe de régulation de l’audiovisuel en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cela signifie qu’il est chargé de veiller à la bonne application de la législation audiovisuelle par les médias du Sud du pays. Pour réaliser cette mission, un organe est spécifiquement chargé de recevoir, traiter et instruire, en toute indépendance, les plaintes qui lui sont adressées : le Secrétariat d’instruction. Ce service est la première porte d’entrée du public vers le CSA.

 

Mais pourquoi s’adresser au CSA ? Parce que les médias ont un impact très concret sur nos vies. On les consomme seul, à deux, en famille, sur les supports traditionnels – la bonne vieille radio, la bonne vieille TV – et sur les nouveaux supports – smartphones, TV connectées, tablettes... La plupart du temps quand on voit ou qu’on entend quelque chose qui nous heurte, on tape du poing sur son canapé, on se défoule sur les réseaux sociaux, mais on ne pense pas forcément à s’adresser au CSA. Et pourtant, sur des sujets aussi variés que la protection des mineurs (les fameux pictogrammes en bas d’écran qui indiquent l’âge en-deçà duquel un programme est déconseillé), la publicité (quand vous trouvez qu’il y en a trop, qu’elle débarque inopinément, qu’un spot insulte les femmes…), l’accessibilité (on y pense aux malentendants ?) et tant d’autres, le CSA peut intervenir.

 

En tant que Secrétaire d’instruction, j’ai particulièrement à cœur de faciliter la marche à suivre pour faire appel à nous. Pour déposer une plainte, on remplit un formulaire très simple en ligne (csa.be/plainte). Pas besoin d’un long argumentaire juridique, expliquez-nous seulement ce qui vous a heurté, où et quand vous l’avez vu ou entendu, laissez-nous vos coordonnées. Quelques minutes suffisent. Si vous n’êtes pas à l’aise avec internet, passez-nous un coup de fil (02.349.58.80). Tout particulier peut déposer une plainte. Les associations aussi peuvent le faire. De par leur connaissance très fine des secteurs dans lesquels elles agissent (la protection de l’enfance, la protection des consommateurs, les personnes en situation de handicap, la lutte contre les discriminations…), elles sont potentiellement des observatrices pertinentes des médias à l’égard de certaines règles que nous sommes chargés d’appliquer. J’entends d’ailleurs développer un dialogue avec le secteur associatif en 2017, pour mettre en place des synergies.

 

On se dit parfois que porter plainte ne sert à rien. Ce qu’il faut savoir, c’est que même dans les cas où une plainte n’aboutit pas à une sanction, elle aura été utile. Des plaintes nombreuses sur un même sujet permettent souvent de porter le débat dans la sphère publique. Je pense par exemple à une publicité diffusée récemment pour l’enseigne Lidl qui, jugée sexiste, a généré des réactions vives et nombreuses. Sans préjuger de l’issue de l’instruction en cours, ces plaintes ont d’ores et déjà produit des effets en termes de réflexion portée dans les médias. Je pense aussi aux propos tenus sur Vivacité par Alain Simons à propos des « gitans » qui ont immédiatement donné lieu à une réaction ferme de la RTBF, avant même qu’une instruction ne soit ouverte au CSA.

 

Les plaintes peuvent aussi aboutir à mieux définir les limites de ce que les chaînes peuvent faire ou ne pas faire. Il y a quelques années, plusieurs plaintes déposées contre la diffusion en télévision de films jugés pornographiques avaient été l’occasion pour le CSA de définir la frontière entre érotisme et pornographie, dont la diffusion ne répond pas aux mêmes règles (après 22h pour les premiers, en crypté ou après introduction d’un code parental pour les seconds). Dans un tout autre registre, des plaintes contre une courte émission culinaire, au cours de laquelle la marque des produits était bien visible, avaient permis au CSA d’affiner les critères d’admissibilité d’une technique publicitaire nouvelle, le placement de produit.

 

La régulation peut donc produire ses effets de différentes manières. Mais l’initiative citoyenne, qu’elle soit individuelle ou collective, reste centrale dans ce processus. Pour le CSA, il en va de sa légitimité à agir. Pour les auditeur.trice.s et téléspectateur.trice.s, il en va de l’exercice de leurs droits dans une société démocratique.

 

Vous avez des questions ? Vous désirez porter plainte ? Vous êtes simplement curieu.se.s ? Consultez la rubrique "Publics" du CSA

 

 

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Dernière mise à jour le 14 mars 2017