
À plusieurs reprises ces derniers mois et plus particulièrement ces dernières semaines, le rôle et le fonctionnement du service public de l’audiovisuel ont fait l’objet de critiques.
Les membres du Collège du CSA rappellent que, s’il est entièrement légitime, et démocratiquement sain, de débattre du fonctionnement, des missions et du financement du service public, ce débat doit s’inscrire dans un cadre respectueux de la législation, c’est-à-dire des textes nationaux et européens qui encadrent la liberté de la presse et plus particulièrement celle des services de médias audiovisuels. Ces débats doivent aussi rester respectueux des institutions, des personnes et reposer sur des faits objectifs pour nourrir la réflexion plutôt que de l’affaiblir.
Les textes de loi consacrent l’indépendance des services publics de l’audiovisuel notamment par l’obligation de non-ingérence dans la ligne éditoriale que ce soit par des pouvoirs publics ou des intérêts privés. Cette obligation concerne également le fonctionnement de l’entreprise qui ne peut être soumis à des pressions extérieures, politiques ou budgétaires.
Notamment, il convient de prévoir un mode de désignation transparent et non-discriminatoire des dirigeants et de s’assurer que rien n’interfère dans ce processus. En outre, le service public doit disposer d’un financement adéquat, stable et transparent. De même, il convient d’assurer l’autonomie des journalistes dans l’exercice de leur métier.
Le respect de ces principes démocratiques est un minimum dans un Etat de droit.
Dans le contexte actuel de polarisation de la vie publique, où la crise de confiance affecte toutes les institutions et singulièrement les institutions démocratiques ; gouvernements, parlements et partis politiques, le travail de l’audiovisuel public, qui continue de bénéficier d’une confiance importante de nos concitoyens, est essentiel.
Il offre une information vérifiée selon des principes déontologiques robustes, travaille à la mise en contexte de problématiques complexes, éclaire et aide les citoyennes et citoyens dans leurs choix individuels et l’exercice de leurs prérogatives civiques.
L’accomplissement de ces missions de service public nécessite un contexte suffisamment apaisé pour permettre à chacune et à chacun d’effectuer son travail sans craintes de menaces ou de représailles.
Dans ce cadre, le Collège du CSA, en tant qu’organe régulateur, pluraliste et indépendant, veillera au respect scrupuleux des dispositions de droit national et européen et appelle à un débat serein et respectueux.