Médias & Evironnement

Analyse du traitement médiatique des questions environnementales de services télévisuels de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Origine du projet

Création d'un Baromètre Belge de l'Information Environnementale

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Les tableaux de bord intégrés sur notre site vous permettent d’utiliser différentes fonctionnalités pour mieux appréhender les résulats 2025

Couverture des crises

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Canicule et climat

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Chaîne causale

Couverture thématique

Pourquoi une telle analyse ?

 

Un volet du plan transversal de transition écologique de la FWB (2021-2026) porte sur la sensibilisation aux problématiques liées à la transition écologique et à la préservation de la biodiversité (action 5.2.1). Le plan identifie le CSA comme un des organismes visés par cette action. Un autre volet du plan (action 5.2.2) concerne le soutien aux médias publics, RTBF et médias de proximité, dans leur traitement éditorial de la question écologique.

Dans ce cadre et fort, d’une part, de sa connaissance des médias audiovisuels de la FWB et, d’autre part, d’outils de monitoring (enregistrements automatisés et transcription), le CSA a conclu en fin d’année 2024 une convention avec l’association Quotaclimat en vue d’adapter le baromètre français sur la couverture des enjeux environnementaux au paysage audiovisuel de la FWB.

L’objectif principal de cette initiative du CSA était la mise à disposition de données sur l’intensité avec laquelle les sujets environnementaux sont traités dans les programmes d’information en 2025.

Mise en place d’un Baromètre Belge de l’Information Environnementale  par le SPF Santé

 

En 2026, le périmètre d’analyse de ce projet portera sur l’ensemble des programmes d’informations des radios et chaînes télévisées francophones et néerlandophones, et intègrera également la détection de la désinformation. A terme, il portera également des analyses liées aux réseaux sociaux.

Ce projet, mené par l’association Quotaclimat, a une triple mission :

  • Analyser le traitement médiatique des enjeux environnementaux dans les programmes d’information radiophoniques et télévisuels au nord et au sud du pays,
  • Mieux comprendre les phénomènes de désinformation et de mésinformation climatique et environnementale dans notre pays et
  • Mener des concertations avec le secteur médiatique belge pour identifier des bonnes pratiques et des mesures à mettre en place.

En effet, l’objectif est de travailler avec le secteur, afin d’identifier les bonnes pratiques et les actions qui pourraient être mises en œuvre afin de renforcer l’intégrité de l’information en Belgique.

Ce projet est une première initiative du genre en Belgique.

Couverture des crises

Les premiers résultats consolidés de 2025 permettent d’identifier une première tendance : la couverture médiatique des sujets environnementaux est stable (autour de 4,8%) avec des variations en fonction de l’actualité médiatique et climatique. Si la tendance était plutôt haussière début 2025 avec un pic à l’été lors des épisodes caniculaires, on constate une nette baisse en fin d’année où les enjeux environnementaux semblent à nouveau dépriorisés dans la couverture télévisuelle globale à l’exception de la COP 30 en novembre qui bénéficie d’une couverture record (7,1% en moyenne 5,6% en France).
Cette tendance et ces premiers résultats seront à confirmer avec plus d’historique de données.

Canicule et climat

Parmi les éléments saillants mesurés par la méthodologie de l’Observatoire se trouve la contextualisation des conséquences des crises environnementales. En effet, si la couverture des crises, notamment climatique, augmente significativement lors d’événements météorologiques extrêmes, il convient de poser la question suivante : les médias font-ils, lorsqu’ils traitent des conséquences des crises environnementales (par exemple les inondations), le lien avec la crise en question (climatique en l’occurrence) ?

Une façon d’aborder cette question consiste à construire des indicateurs intermédiaires, comme le rapport entre le nombre de mentions de “canicule” et le nombre de mentions de “climatique”.

Ce rapport (entre les mentions “canicule” et “climatique”) est 6,7 fois plus élevé lors des canicules de l’été 2025 en Belgique que lors des canicules équivalentes en France (juin et août 2025). La télévision francophone belge semble, à ce titre, faire un effort de recontextualisation de la canicule plus importante que la télévision française.

Chaîne causale

En Belgique, comme en France, la couverture médiatique des enjeux environnementaux, et notamment de la crise climatique, est fortement corrélée à la présence d’événements météorologiques extrêmes, ainsi qu’à l’actualité environnementale en règle générale. Ainsi, en août 2025, près de 30% des mentions d’éléments en lien avec le changement climatique étaient relatifs aux conséquences – canicules notamment.

Il convient de noter que cette augmentation de la couverture des conséquences ne semble pas s’être faite au détriment de la couverture des solutions, limitant les risques de diffuser une forme d’éco-anxieté paralysante.

Il apparaît également utile d’insister sur l’importance du traitement des causes de la crise climatique, notamment en période d’événements météorologiques extrêmes. Si le lien entre les conséquences et les solutions est essentiel, relier les conséquences à leurs causes (11% de la couverture en août par exemple) est également un moyen de faciliter la compréhension de l’efficacité et de la légitimité de certaines solutions, en favorisant la redevabilité des secteurs les plus émissifs.

Couverture thématiques

La répartition sectorielle de la couverture de la crise climatique est relativement similaire à celle que l’on peut trouver en France. En Belgique, le débat est en grande partie centré sur les enjeux énergétiques, notamment à l’approche de la COP 30 (novembre 2025). Si la transition énergétique est une dimension centrale de la décarbonation, ce cadrage n’est pas le plus susceptible de créer une identification du grand public à ses modes de vie individuels. À titre d’exemple, la couverture médiatique du logement, sous l’angle du climat, est très faible (~ 5% du total), alors que le chauffage (résidentiel ou tertiaire) représentait en 2023 17,6% des émissions de GES en Belgique.