Basé sur l’analyse de 26 chaînes de télévision et de radio belges, le Baromètre belge de l’information environnementale  a été mis en place par l’association QuotaClimat,  avec le soutien du SPF Santé publique et du CSA. Le projet mesure objectivement, pour la première fois à l’échelle nationale, la place accordée aux enjeux environnementaux dans les médias audiovisuels belges. Il permet de nourrir le dialogue avec le secteur médiatique afin d’identifier des bonnes pratiques et des pistes d’amélioration.

Ses résultats révèlent une couverture encore largement rythmée par l’actualité immédiate et les événements climatiques extrêmes. Ils mettent également en lumière les différences de traitement entre médias, ainsi qu’une série de forces et de limites de la couverture du climat et de la biodiversité en Belgique.

Alors que les crises environnementales s’intensifient, l’accès à l’information est un enjeu démocratique majeur. Les médias jouent à cet égard un rôle essentiel dans la compréhension des risques, l’identification des solutions et l’appropriation des transformations nécessaires à la transition environnementale. Pourtant, de nombreuses études internationales montrent que les enjeux environnementaux demeurent sous-représentés dans les médias au regard de leur importance sociétale, tandis que la désinformation et la mésinformation environnementales continuent de progresser.

Ce jeudi, les résultats de la première phase du Baromètre ont été présentés au public. Ils portent sur le traitement médiatique de l’environnement dans les principaux médias audiovisuels belges. Au total, les 26 chaînes de télévision et de radio francophones et néerlandophones, publiques et privées, nationales et régionales, ont été analysées entre février et août 2026.

Cette première phase a permis de dégager une série de constats majeurs :

  • Volume : Les enjeux environnementaux occupent en moyenne 5,1 % du temps d’antenne dans les médias francophones et 2,1 % dans les médias néerlandophones. Leur couverture reste largement dépendante de l’actualité immédiate, avec d’importants pics lors des vagues de chaleur ou d’autres événements climatiques extrêmes. Dans les deux communautés, la télévision leur accorde davantage de place que la radio.
  • Différences entre les médias: La couverture est plus élevée dans les médias francophones que néerlandophones, ainsi que dans les médias de service public par rapport aux médias privés. Les médias de proximité se distinguent également par une attention particulière aux enjeux environnementaux, souvent traités sous un angle plus concret et plus proche des réalités locales.
  • Thématiques : Le dérèglement climatique est la thématique environnementale la plus traitée dans les médias belges. Si son traitement apparaît généralement équilibré entre constats, causes, conséquences et solutions, certains secteurs majeurs pour la transition, comme le bâtiment ou l’industrie, restent relativement peu visibles au regard de leur contribution aux émissions de gaz à effet de serre.
  • Traitement de la biodiversité : La biodiversité est, elle, principalement abordée sous l’angle du constat et de la description des espèces ou des espaces naturels. Les causes de son déclin, ses conséquences concrètes pour la société et les solutions permettant d’y remédier restent nettement moins présentes dans les reportages.
  • La réponse aux crises : Le baromètre permet enfin d’analyser des cas pratiques dans le cadre d’épisodes climatiques extrêmes comme les vagues de chaleur ou les récents incendies du mois d’aout. Cette analyse permet de prendre du recul sur le traitement médiatique de ces épisodes marquant. Le Baromètre révèle par exemple que les solutions d’adaptation aux vagues de chaleur se concentrent principalement autour de la climatisation, qui représente l’immense majorité des solutions évoquées. D’autres mesures pourtant largement recommandées par la communauté scientifique, telles que l’isolation des bâtiments, la végétalisation des villes ou encore la ventilation passive, restent relativement peu présentes dans la couverture médiatique. Dans le cadre du traitement médiatique des feux dans les Hautes Fagnes, les solutions structurelles comme la gestion du milieu forestier, la restauration des zones humides, les actions de prévention de départ d’incendies et de gestion du combustible, ou les solutions d’atténuation du changement climatique représentent moins de 5% du temps d’antenne dédié à cet épisode extrême.

Au-delà de ces premiers résultats, le Baromètre belge de l’information environnementale se veut avant tout un outil de dialogue avec le secteur des médias. Les résultats sont disponibles en ligne sur le site du Baromètre et seront mis à jour régulièrement afin de suivre l’évolution du traitement médiatique des enjeux environnementaux. À terme, le projet étendra progressivement son champ d’analyse à la presse écrite, aux médias numériques et aux réseaux sociaux afin d’offrir une vision plus complète de l’écosystème informationnel belge.

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