Le Collège d’autorisation et de contrôle a approuvé les avis annuels relatifs au respect des obligations des 12 médias de proximité de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ces derniers portent sur l’exercice 2025. Il s’agit du quatrième contrôle de l’application des conventions conclues entre les médias de proximité et le Gouvernement de la Communauté française. Ces conventions imposent aux médias de proximité de réaliser une série de missions et d’objectifs quantitatifs et qualitatifs, dont un quota minimum de production propre, de programmes d’information, de développement culturel, d’éducation permanente ou encore des obligations en matière d’accessibilité et d’égalité et de diversité.
Les médias de proximité sont également tenus de présenter un budget en équilibre et de justifier des éventuels déficits et de présenter leur plan d’assainissement éventuel. A cet égard, le CSA constate une détérioration de la situation financière de ces médias publics par rapport aux précédents exercices.
Production propre : dépassement des obligations quantitatives avec 4497 heures de programmes
Depuis plusieurs exercices, les obligations quantitatives en matière de production propre des médias de proximité sont non seulement rencontrées, mais souvent largement dépassées. En effet, les 12 médias dépassent largement les quotas et ont produit au total 4497 heures de programmes. Le CSA constate cependant une légère diminution de la production propre globale par rapport à l’exercice précédent. L’augmentation de la production propre non linéaire ne permet pas de compenser le recul de la production propre linéaire.
Les médias de proximité poursuivent leur progression sur le numérique. Cette tendance avait déjà été constatée par le Collège d’autorisation et de contrôle, l’année passée, dans le cadre de la synthèse transversale sur le déploiement numérique des médias de proximité. Cette progression continue de croître, de telle sorte que la production propre digitale représente aujourd’hui 14,43 % de la production propre globale des médias de proximité (649/4.497). Il existe toutefois des disparités marquées entre les éditeurs, Boukè et notélé étant les deux médias les plus actifs en matière de production de contenus digitaux.
Egalité et diversité : certains médias tendent vers la parité
Les conventions impliquent une attention renforcée des médias de proximité pour les enjeux liés à l’égalité et à la diversité, tant dans leurs programmes qu’en matière de gestion des ressources humaines. Depuis plusieurs années, les médias de proximité se saisissent de la thématique et ont mis en œuvre des mesures pour atteindre les objectifs fixés dans le cadre des conventions.
Les douze médias de proximité disposent désormais d’une charte sectorielle cosignée, d’un plan d’action assorti d’indicateurs et d’un ou d’une référent.e par média en matière d’égalité et de diversité. Il s’agit d’évolutions positives que le CSA continuera de monitorer lors des prochains exercices. L’égalité entre les femmes et les hommes au sein des équipes des médias de proximité reste quant à elle perfectible. En 2025, les femmes sont représentées au sein du personnel des MDP à hauteur de 35,34% (pour 64,66% d’hommes. Il s’agit d’une très légère évolution au regard de l’exercice précédent (35,15%). Le CSA constate néanmoins que 4 des 12 médias tendent vers la parité en dépassant 40% d’effectifs féminins.
Des écarts persistants dans le respect des obligations qualitatives
Le contrôle a relevé des écarts entre les médias de proximité quant au respect des obligations qualitatives. Le CSA a notifié huit griefs à quatre éditeurs concernant d’une part, le développement de formats digitaux traitant de la thématique d’éducation aux médias et s’adressant aux jeunes publics ou aux publics les plus fragilisés et, d’autre part, l’obligation de coproduction par mission. Ces obligations ont fait l’objet d’une phase d’appropriation au cours de laquelle le CSA a privilégié l’accompagnement et la clarification des critères. Sans remettre en cause son approche didactique, à l’occasion de ce quatrième exercice et de ces notifications, le CSA entendra les éditeurs qui éprouvent des difficultés dans la mise en œuvre de ces obligations.
Les missions programmatiques sont quant à elles globalement rencontrées. Les 12 médias de proximité répondent à leurs obligations en matière d’information, de développement culturel, d’éducation permanente et d’animation. En matière d’éducation aux médias, le Collège relève que les initiatives prises par les médias de proximité évoluent positivement, mais doivent encore être renforcées, le quota d’initiative en éducation aux médias est désormais atteint par 11 médias de proximité contre 9 lors du précédent contrôle.
L’accessibilité des programmes aux personnes en situation de déficience sensorielle demeure le domaine où la dynamique sectorielle est la plus aboutie entre les médias de proximité. Les éditeurs rencontrent leurs obligations pour 2025, dépassant même les obligations finales du Règlement. La mutualisation des moyens en est le principal moteur. Soutenu par le Réseau des médias de proximité, le secteur poursuit la dynamique vertueuse, fondée sur les collaborations techniques ainsi que l’échange et la coproduction de programmes rendus accessibles. L’enjeu se situe désormais sur la qualité des mesures d’accessibilité sur laquelle le Collège maintiendra un monitoring exigeant.
La situation financière des médias de proximité doit faire l’objet d’un suivi
L’exercice 2025 fait apparaître des détériorations de la situation financière de certains médias de proximité, soit pour des raisons exceptionnelles et non récurrentes, soit pour des raisons plus structurelles qui appellent à un suivi.
Trois éditeurs clôturent en perte d’exploitation : BX1, TV Lux et Matélé, tandis que TV Com prévoit également un déficit en 2026, sans toutefois que ce dernier ne mettre en péril sa situation financière. Les résultats positifs de Qu4tre et Télésambre doivent par ailleurs être nuancés, le premier reposant sur un élément exceptionnel et le second s’accompagnant d’un déséquilibre structurel. Les six autres éditeurs présentent des comptes à l’équilibre, mais parfois avec des marges très limitées.
Cette fragilité s’explique principalement par un effet de ciseau entre la hausse des coûts, notamment salariaux, et la stagnation ou l’érosion des recettes, dans un contexte de non-indexation de la subvention de fonctionnement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2025 et de contraction du marché publicitaire local. Le CSA relève que les obligations conventionnelles ont été calibrées sur une trajectoire de financement indexée. A cet égard, toute détérioration du niveau de financement des médias de proximité sans mesure d’accompagnement pourrait avoir un impact sur leurs effectifs ainsi que sur leur capacité à rencontrer leurs obligations notamment en matière de production propre, de coproduction et de développement numérique.
Face à ces constats, le CSA restera attentif à l’évolution de la situation financière des médias de proximité.
Consultez le bilan des médias de proximité :
Le bilan par média :
Avis Antenne Centre – ACTV: exercice 2025
Avis Canal Zoom : exercice 2025
Avis Télé Mons-Borinage (Télé MB) : exercice 2025
Avis Télésambre : exercice 2025
Tendances du bilan :
Le bilan en chiffre (infographies téléchargeables)