2025
Depuis plusieurs années maintenant, les enjeux européens sont devenus des priorités pour les régulateurs de média qui sont amenés à orchestrer la mise en place d’un arsenal législatif sans précédent, notamment destiné à réguler le paysage numérique.
Si les années précédentes peuvent être considérées comme une mise en route de ce nouvel arsenal, ce dernier commence à produire des effets concrets sur le paysage numérique, notamment avec l’aboutissement de plusieurs enquêtes européennes à l’encontre de certaines plateformes, telle que la récente conclusion à titre préliminaire par la Commission européenne de la conception addictive de l’algorithme de TikTok
Si les régulateurs européens, dont le CSA, collaborent depuis plusieurs année, 2025 marque un tournant, celui de la reconnaissance européenne de cette collaboration avec la mise en place du Media Board européen, une structure chargée de rendre des avis à la Commission dans tous les dossiers relatifs aux médias et qui est habilité à rendre des avis dans le cadre des concentrations médiatiques au niveau national et européen. Le Media Board a notamment pour mission de veiller à la mise en œuvre du règlement sur l’indépendance et la liberté des médias (Media Freedom ACT (EMFA), mais aussi de contribuer à l’évolution du cadre législatif européen. Actuellement, les travaux du Media Board et du CSA se concentrent sur la révision de la Directive sur les Services de Médias Audiovisuels (DSMA) prévue dans le courant de l’année 2026.
L’entrée en application de l’EMFA en août 2025, constitue une étape importante des transformations législatives. Ce texte renforce l’indépendance éditoriale et le pluralisme tout en structurant une coopération transfrontalière sans précédent entre régulateurs nationaux. La transition du Groupe des régulateurs européens (ERGA) vers le Media Board illustre cette institutionnalisation d’une régulation européenne forte, dont le CSA est un membre actif, notamment à travers les groupes de travail sur des enjeux clés comme la protection des mineurs et la promotion des œuvres européennes.
Tous ces travaux ont et auront un impact sur la protection de nos concitoyens et concitoyennes, mais également sur nos éditeurs de services de médias audiovisuels.
Deux dossiers particulièrement saillants de l’année 2025 en témoignent : le projet de réforme des médias de proximité d’une part et le projet de fusion en cours entre le groupe IPM et le groupe Rossel.
La question du pluralisme est au centre de l’attention et des inquiétudes du secteur mais aussi de ses espoirs de survie. Ces dossiers et les questions de pluralisme en particulier feront l’objets de bien d’autres travaux ces prochaines années et ponctueront probablement l’actualité du CSA qui, dans le contexte d’une augmentation de ses missions, notamment sur le plan de la mise en œuvre des législations européennes, mais aussi de modernisation de ses pratiques et de ses outils, se voit dans une situation inédite avec le gel de sa dotation.
Le CSA souhaite poursuivre le dialogue avec le Gouvernement pour trouver des solutions constructives permettant de concilier les économies nécessaires à l’échelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec l’exécution de ses missions.
