Edito

Il est fort probable que beaucoup de rapports d’activités d’institutions ou d’entreprises commenceront par faire le point sur les conséquences de l’épidémie de COVID 19 pour le secteur concerné… 

Comment, en effet, faire l’impasse sur l’événement qui aura sans doute impacté la vie quotidienne de nos concitoyens avec la plus grande vigueur depuis l’après-guerre ? 

Le secteur des médias n’a pas échappé à la criseloin s’en faut, et les différents sondages réalisés par le CSA que vous retrouverez dans les pages qui suivent en témoignent.  

Si le secteur a fait preuve d’agilité pour s’adapter et maintenir les contacts avec les publics, il est clair que la situation, notamment des éditeurs radiophoniques locaux et provinciaux, est encore précaire à l’heure ou nous écrivons ces lignes. 

Deux mille vingt a été malgré tout une année riche d’activités pour le CSA, avec la publication de la première étude indépendante sur la consommation des médias audiovisuels en Fédération Wallonie Bruxelles qui montre à quel point la télévision linéaire reste encore le vecteur majeur de diffusion, même si les habitudes évoluent, notamment celles des jeunes. 

La première étude sur l’égalité de genre dans les métiers de l’audiovisuel a confirmé, hélas, que des progrès doivent encore être faits pour que le paysage média reflète la diversité de notre société. 

La grande actualité législative pour le secteur aura été la fin des travaux sur la transposition de la directive sur les services de médias audiovisuels, qui inscrit dans le champ de la régulation les plateformes de partage de vidéos. La transposition permettra à la Fédération Wallonie Bruxelles de mettre à contribution les géants internationaux qui visent le marché belge francophone au profit d’un secteur de la création indépendante qui aura beaucoup souffert cette année. 

Enfin, le mois de décembre aura vu le déploiement d’une série d’initiatives européennes au profit du secteur et des citoyens européens : le Media Action Plan qui vise à soutenir le secteur dans son ensemble, le Democracy Action Plan dont l’objectif est de renforcer la démocratie et la transparence notamment lors des processus électoraux en Europe, le Digital Media Act et surtout le Digital Services Act qui visent en tant que futurs règlements, à mieux réguler le commerce électronique et à responsabiliser les plateformes de partage de contenu, les réseaux sociaux 

Ces initiatives sont particulièrement suivies par les régulateurs européens parce qu’elles doivent notamment protéger davantage le citoyen-consommateur, accroître le niveau de responsabilité des Gafan dans les domaines de la protection des mineurs, de la lutte contre le discours de haine en ligne et améliorer la transparence des algorithmes de recommandation. 

C’est maintenant aux Etats membres et au Parlement européen de parfaire les textes qui sont sur la table, d’autant que, selon nous, il y a effectivement une marge de progression importante pour (r)établir un « level playing field » régulatoire entre les médias traditionnels et ces plateformes qui accaparent énormément de ressources. 

Nous souhaitons pour finir marquer notre reconnaissance aux équipes des services du CSA qui, malgré les difficultés, ont tenu à accomplir leurs missions de services public avec diligence et conscience professionnelle. 

 

Le Bureau du CSA 

Karim Ibourki Président,

Saba Parsa Première Vice-Présidente, François-Xavier Blanpain  Second Vice-Président, Alexis De Boe Troisième Vice-Président.